Comparaison des pellets feuillus et résineux

Mettons fin aux idées reçues immédiatement ! Ce dossier vous explique les vérités suivantes qui peuvent vous sembler contradictoire et vous étonner :

  • Une bûche de feuillu a un meilleur pouvoir calorifique qu’une bûche de résineux
  • Le pouvoir calorifique massique des résineux est meilleur que celui des feuillus
  • Un pellet de chêne a en moyenne un meilleur pouvoir calorifique qu’un pellet résineux
  • Un sac de pellets résineux a un meilleur pouvoir calorifique qu’un sac de feuillus
  • Les pellets de feuillus donnent en moyenne plus de sensation de chaleur que les résineux

Explications

Certains se disent déjà que je suis malade et prêt pour l’asile de fou, car je ne cesse de me contredire. D’autres savent déjà que ces affirmations (vagues) reposent sur trois grands principes :
  • L’humidité naturelle des feuillus est bien plus faible que celle des résineux. L’humidité donne un pouvoir calorifique très mauvais au bois.
  • La masse volumique des feuillus est supérieure à celle des résineux (quel que soit le taux d’humidité)
  • Le pouvoir calorifique massique (par kg) à l’état anhydre (ou taux d’humidité égal) des résineux est supérieur (en moyenne 5,3 kWh) à celui des feuillus (en moyenne 4,9kWh).
Pour ne pas reste vaguer, l’article Le Bois: pouvoir calorifique, humidité, masse volumique donnera des chiffres précis (et des sources).
Les conséquences de ces affirmations sont nombreuses :
  • Lorsque l’on achète 15 kg de pellets (un sac), puisque le taux d’humidité  est fort semblable, le pouvoir calorifique des résineux est généralement plus élevé . Attention, il s’agit d’une moyenne qui dépend des essences comparées : par exemple, l’acacia qui est un feuillu a un pouvoir calorifique supérieur au mélèze (résineux).
  • Un pellet de chêne a une masse volumique plus importante qu’un pellet de résineux. Pour cette raison, le pellet de chêne a un pouvoir calorifique supérieur à un pellet de résineux identique (malgré l’affirmation précédente qui reste vraie). Le sac de pellets de chêne sera tout simplement plus petit et contiendra moins de pellets !
  • Encore pour les mêmes raisoin, 100 pellets de bon feuillus dans votre poêle/chaudière vous donnera une sensation de chaleur plus importante. Le sac de 15kg sera tout simplement épuisé plus vite qu’un sac de résineux puisqu’il en contient moins.
  • Pour terminer, lorsque l’on passe du monde du pellets au monde du chauffage au bois, les affirmations sont tout à fait bousculée. Un bûche de feuillu ayant sêché naturellement a un taux d’humidité nettement plus faible qu’un résineux. A l’abattage, il est de 19% pour le charme et de 50% pour le pin. Ajouté à cela la masse volumique plus importante des feuillus, vous comprendrez qu’une stère de feuillu aura toujours un pouvoir calorifique et un rendement nettement au dessus des résineux. Les résineux seront toujours des bois plutôt humide et donc avec un mauvais rendement et un mauvais pouvoir calorifique.

Quel pellet choisir alors ?

Vu les considérations précédentes, quel pellet choisir alors ?

Tout d’abord, les différences de rendement dont on parle sont assez minimes et dépendent davantage de la teneur en humidité du pellets qui est le facteur principal du pouvoir calorifique du pellet. Les informations précédentes sont donc à prendre avec des pincettes.

Ensuite, on produit rarement des pellets 100% feuillus. Pour leur fabrication, la plupart auraient dans ce cas besoin d’additifs (de la colle) dont les résineux jouissent naturellement.

Enfin, peut-être que ce qui joue le moins en la faveur des feuillus est déontologiquement le fait de brûler des arbres nobles (comme le Chêne) qui ont bien d’autres utilités que d’être réduits en cendre !

En conclusion, il est utile de connaître les essences qui composent les pellets pour se forger une idée de la base calorifique de ceux-ci. Il est peut-être aussi intéressant de se méfier un peu des 100% feuillus. Mais à partir du moment où le pellet est DIN+ : qu’il soit résineux ou feuillus n’importe pas vraiment.